Article du mercredi 7 juillet 2004
Bernard Soulage: «À Ambérieu et pas ailleurs»
Concernant le fret ferroviaire, le premier vice-président de la Région dit oui à la plate-forme de chargement à Ambérieu. Oui également à un tracé global en utilisant au mieux tout ce qui existe déjà
Premier vice-président de la Région, spécialiste des transports au sein du PS, Bernard Soulage n'a pas tardé à se faire une opinion sur le projet de contournement fret ferroviaire dont le tracé, à l'est de Lyon, rencontre localement une forte opposition.
Désireux de s'emparer du dossier et de le régler au mieux, l'élu grenoblois livre ci-dessous les options que la Région compte désormais défendre au moment où l'État doit reprendre les consultations.
Ce faisant, il n'hésite pas à s'écarter des choix défendus par RFF ou des propositions de la fédération Fracture.
>> Un tel contournement est-il, selon vous,
nécessaire ?
Oui, il y a nécessité de disposer d'un contournement fret ferroviaire de Lyon : car, nous croyons et misons sur le développement de ce fret qui est aujourd'hui un enjeu de civilisation; parce que le fret routier constitue un facteur de dangerosité ; et parce que, enfin, il est nécessaire de libérer les voies ferrées au coeur de Lyon pour permettre d'augmenter les trafics TER et TGV.
>> Où en est-on aujourd'hui?
L'État, ici maître d'ouvrage, souhaite relancer une concertation sur ce sujet. C'est une étape de plus même si l'on sait que l'État est dans une telle situation financière qu'il ne faut pas rêver ou redouter, selon le côté où on se place.
En revanche, si on veut mener une concertation honnête, et compte tenu des délais, il faut régler les questions au niveau des principes et que ces principes soient posés en même temps.
Ce qui veut dire traiter en même temps la liaison au nord et donc le TGV Rhin-Rhône- et la liaison vers le sud.
>> Plus précisément,
quelles grandes options comptez-vous défendre ?
La plate-forme importante de chargement doit être située à Ambérieu et pas ailleurs. Pas à Lyon-Saint-Exupéry, notamment, comme le souhaitent certains. Il faut regarder l'ensemble du tracé et pas seulement une partie. Enfin, il faut partout et dès qu'on le peut, utiliser au mieux l'existant. Il n'est pas raisonnable d'augmenter le nombre de «coupures» existantes.
A partir de là, on peut imaginer plusieurs hypothèses, pourquoi pas plus à l'Est même si, c'est évidemment plus long et plus coûteux. Il faut enfin regarder attentivement deux à trois tracés intelligents en tentant de regrouper les infrastructures. Ainsi, par exemple, en s'aidant du tracé de la ligne à grande vitesse existante.
>> N'est-il pas indispensable pourtant que des sites comme le triage de Sibelin ou la plate-forme
de Vénissieux soient
sur le tracé?
Ce n'est pas de même nature : ce sont de plus petites plates-formes qui doivent être reliées au contournement mais qui n'imposent pas que le tracé passe chez elles.
Propos recueillis
par Jean-Claude Pennec
Contournement ferroviaire : les élus de l'Est lyonnais sur la brèche
L'association PARFER (Pour une Alternative Raisonnable Ferroviaire - les Elus Riverains) est présidée par Raymond Durand, maire de Chaponnay.
Lequel , avec plusieurs autres premiers magistrats souhaite sensibiliser les décideurs quant à l'impact négatif du tracé envisagé sur les populations et l'environnement.
Rencontre à la Région
Ainsi le 21 juin, une délégation a rencontré Bernard Soulage (PS), vice-président de la Région Rhône-Alpes, chargé des transports. Quatre points essentiels sont ressortis de cet entretien : création d'une ligne spécialement dédiée au fret, implantation d'une plate-forme logistique à Ambérieu-en-Bugey, éventuel passage par l'aéroport Saint Exupéry et utilisation maximale de l'existant.
PARFER n'est pas contre le ferroviaire ou le ferroutage, mais pour la sécurité. Les élus estiment que le projet actuel aurait des conséquences sur les populations (santé, cadre de vie) et l'environnement. L'Est est ainsi parcouru par une nappe phréatique qui fournit 70 % de l'eau potable de l'agglomération lyonnaise.
Un risque de pollution ou de contamination est-il à craindre ? Les élus s'interrogent aussi sur les risques technologiques (pipe-line et autres « bombes » enterrées).
Développement futur à l'Est
Par ailleurs, des travaux de l'Insee (institut national de la statistique et des études économiques) ont démontré que le développement de l'agglomération lyonnaise ne pouvait se faire qu'à l'Est, dans le périmètre qui a été arrêté.
L'agglomération lyonnaise deviendra une métropole et s'étendra jusqu'à Vienne et Bourgion-Jallieu.
PARFER s'appuie sur cette analyse pour réclamer l'étude de tracés en dehors du périmètre envisagé, mais surtout l'association souhaite une meilleure prise en compte de l'avis des riverains.